Entreprise libérée ? Halte au massacre des managers de proximité !

L'entreprise libérée... Mais libérée de quoi?

 

Libérée de ses obligations de profit? Certainement pas. Le résultat qu'elle dégage est ce qui lui permet d'exister. Et ce n'est pas prêt de changer.

 

Libérée de sa responsabilité sociétale? Encore moins. Elle ne peut plus ignorer sa responsabilité dans l'apparition des nouvelles formes de souffrance au travail.

 

Libérée de son arrogance à considérer que la hauteur dans l'organigramme donne le pouvoir absolu de décréter qui est l'unique responsable d'une aveuglement collectif?

 

La crise de 2008 a provoqué des tensions telles que le balancier de l'équilibre social s'est trouvé coincé du côté obscur, au pays des burn-out en série et des cas de suicide dramatiques. Il fallait changer quelque chose. Alors on y va, on décoince le mécanisme, on libère le balancier d'un coup de sabre. Et ce lien qu'on choisit de trancher sans ménagement, c'est le management. Enfin... plus exactement, le manager de proximité (faut quand même pas abuser taper trop haut!)

 

Le voilà donc, le coupable idéal, le bouc émissaire aux errements de l'entreprise, le responsable des dépressions, des arrêts maladie, des démissions, du désengagement! D'abord en tant que membre de l'entreprise, il a la délicatesse d'être assez éloigné de la tête. Ensuite il coûte cher et nuit aux frais fixes de l'entreprise. Enfin et surtout, cet affreux contrôleur de travail qui ordonne, qui réprimande, qui brime la créativité, l'initiative et la responsabilisation, finalement il ne sert à rien. Que ferait-il donc dans un monde du travail où chacun doit faire ce qu'il pense bon de faire, avec éventuellement l'aide d'un facilitateur, d'un faiseur de bonheur ou d'un gentil organisateur rescapé des années Club'Med?

 

Et voilà, ça y est, l'entreprise est libérée! L'énergie résultant du sabrage des managers de terrain va propulser le balancier à l’extrémité opposée. Personne en fait ne sait vraiment ce qu'il y a de l'autre côté du côté obscur, mais ce n'est pas bien grave. On ne l'a jamais essayé et ça doit être vachement mieux. Parce que forcément, si c'est noir à gauche, ça doit être blanc à droite. Et vice-versa.

 

Et bien c'est faux! Et l'histoire nous le rappelle à chaque fois: La libération de l'oppression des jeunes d'avant 1968 n'a t'elle pas aussi engendré les excès des années qui ont suivi? La libération soudaine des pays arabes des régimes de dictature n'a t'elle pas engendré le chaos et la prolifération de groupes fanatisés? La suppression brutale du service militaire obligatoire n'a t'elle pas engendré une perte de repères de nos enfants quant au sens du devoir, de la vie en collectivité et de l'autorité?

 

Et si avant de tout casser on cherchait à comprendre?

 

Et si avant de mettre en place des solutions extrêmes et arbitraires, on cherchait à identifier quel est le bon équilibre, le juste milieu des choses?

 

A quoi sert de vouloir changer d'air avant d'apprendre à respirer?

 

Le manager c'est le lien vital entre son équipe et l'entreprise. Si d'une certaine façon l'entreprise est une mère nourricière pour ses salariés qu'elle fait vivre, le manager de proximité en est le cordon ombilical. C'est lui qui informe ses collaborateurs, qui donne du sens à leurs missions, qui les accompagne, qui doit aussi savoir les rassurer, les soutenir quand nécessaire. C'est lui qui anime et soude l'équipe, qui fait en sorte que chacun puisse s'exprimer et contribuer à sa hauteur aux résultats du groupe, dans l'équité, la loyauté, l'exemplarité. C'est lui qui peut identifier les leviers de motivation propres à chacun de ses collaborateurs, et les activer pour que leur bien-être au travail puisse être transcendé en réel engagement pour l'entreprise.

 

Mais pour tout cela, il mérite bien plus que d'être considéré comme inutile! N'oublions pas que lui aussi, sans doute même plus que d'autres, a vécu des heures douloureuses dans ces années de crise. A devoir sans cesse faire toujours plus avec encore moins, il a été placé dans la situation intenable de mettre son équipe toujours plus en tension en étant lui-même sous la pression de contraintes non négociables.

 

Oui le manager est indispensable. L'entreprise qui réussira demain sera celle qui, laissant le chant des sirènes se perdre dans les effets de mode, saura conserver sa lucidité pour réinvestir massivement dans leurs managers. C'est aussi celle qui leur permettra de trouver un nouveau souffle pour faire respirer leurs talents. C'est enfin celle qui fera délibérément le choix de leur redonner confiance, pour qu'ils activent dans leurs équipes tous les bénéfices d'un management à base d'exigence et de bienveillance.

 

Dans la recherche permanente de l'équilibre managérial entre l'obtention des résultats et la sérénité des relations humaines dans l'entreprise. En un mot: dans l'Exillance.

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